Main image
8th avril
2010
written by Alice Zozima

Borha 2Imaginez-vous habiter en haute mer avec six autres personnes ? Non, pas dans un bateau, mais dans une bouée de 60 m² ? Et oui, cela était possible en 1963. Après une idée du commandant Jacques-Yves Cousteau. Mais, son histoire nous ramène à plusieurs batailles : incendie, grandes vagues, tempêtes et mise au rebus pendant des années.

Aujourd’hui, la Bouée Océanique de Recherche Habitée «  BORHA II », à changée d’adresse. Elle a été réhabilitée et est située à la Seyne sur Mer, sur le site des anciens chantiers Naval. 47 ans après, elle sert à plusieurs entreprises du secteur maritime. Tel que  l’association Bora-Borha, Aqualog, Seareka, la Ferme Marine Dentech et l’équipe de Biologie Moléculaire Marine (B2M) de l’université de Toulon.

Elle fût rachetée et restaurée, par M. Serge Carle (océanographe biologiste de la société MS Aqua) et l’association Bora-Borha. La restauration porta sur la station océanographique et le laboratoire météorologique. Ainsi, ils ont décidés de conserver ce patrimoine maritime, et lui ont donnée une nouvelle vocation  : l’accueil d’entreprises ayant un lien direct avec la mer. En 2002, Borha II renaît.

Pour M. CARLE acheter la bouée au commandant pilot du port de Toulon, M. Jean Louis BAJU, c’était sauver de l’oubli ce monument français. « Borha II fait partie de l’histoire de la recherche océanographique française. En plus, c’est un endroit de travail exceptionnel ».

Les entreprises qui font parties de Borha II :

L’association Bora-Borha : Actuellement inactive, est tournée vers l’écologie et le développement durable des côtes. Elle propose de promouvoir l’étude, la création et l’implantation de récifs artificiels sur les côtes.

Aqualog : un bureau d’études spécialisé dans la recherche et le développement en aquaculture et aquariologie.

Seareka : La dernière arrivée, la Société Seareka travaille dans le domaine de la Sécurité des personnes en mer. Elle conçoit, développe et commercialise un dispositif appelé « Divansi » en utilisant une combinaison technologique Radio et GPS pour la localisation précise d’un homme à la mer.

L’Equipe de Biologie Moléculaire Marine (EB2M) au sein de l’UTV : Marque une volonté d’implication dans le développement de l’aquaculture marine et continentale par des programmes de recherche biologique fondamentaux et appliqués. 

Bouée Borha IIBouée Bohra la battante

Par proposition du commandant Cousteau, la première construction de la bouée Comexo est financée, en 1962, par la Délégation Générale à la Recherche Scientifique (DGRST), et mise en œuvre par le Muséum d’Histoire Naturelle et la Faculté des Sciences de Paris. D’un poids de 250 tonnes, une hauteur  totale de 60 mètres,  dont 50 immergés, et une plate-forme de 60 m2 pour hélicoptère, la bouée était habitée par deux hommes et pouvait accueillir six chercheurs d’origine diverse, océanographes physique, biologistes, géophysiciens et météorologistes. Elle est inaugurée le 13 mai 1963 en rade de Villefranche et mouillée en janvier 1964 entre Nice et Calvi.

En 1965, elle est ravagée par un incendie. Ses occupants réussissent à s’échapper grâce à un canot pneumatique et sont secourus après 36h de dérive. Après un an d’indisponibilité à Villefranche, une nouvelle tête est mise. La bouée est rebaptisé Borha (Bouée Océanique de Recherche Habitée) et replacée au même endroit en avril 1966 où elle reste jusqu’en mai 1968. En 1969, Borha est mouillée à 55 milles au sud de la Ciotat.

Un an après elle subit plusieurs tempêtes successives qui lui causa de nombreuses avaries, Borha est remorquée à Marseille. En 1973, une nouvelle bouée laboratoire, Borha II, est construite par la CNEXO (actuellement IFREMER). La tête par l’arsenal de Toulon et le fût par les chantiers Auroux d’Arcachon. Borha II est composée de trois étages avec une terrasse sur le toit. Elle fait 870 tonnes, 65 mètres de hauteur et conçue pour résister à des vents de 100 nœuds et à une houle de 12 mètres. Elle est mise au large du cap Bénat en novembre 1974.

Tout se passait bien, mais son utilisation n’était plus justifiée, les chercheurs ne pouvaient qu’effectuer des observations que dans un rayon de quelques mètres. Obsolète, à cause des systèmes satellites, Borha II, est remorquée et abandonnée sur un quai à Toulon trois ans après.

En 1988, un marin passionné, le commandant pilot du port de Toulon, M. Jean Louis BAJU la rachète. Mais il la revendra dix ans plus tard, dans une annonce du journal Le Marin.

*Font : Un siècle de navires scientifiques français, Contre-Amiral Bernard Estival, Editions du Gerfaut/Ifremer, pages 116-117.

Digg This
Reddit This
Stumble Now!
Buzz This
Vote on DZone
Share on Facebook
Bookmark this on Delicious
Kick It on DotNetKicks.com
Shout it
Share on LinkedIn
Bookmark this on Technorati
Post on Twitter
Envoyer l'article en format PDF PDF

Un commentaire

  1. 12/01/2012

Leave a Reply

Add video comment